"La danse : une poésie muette."

"La danse : une poésie muette."
Cet art de mouvement, représentant la beauté féminine et la grâce par la gestuelle et l'expression des sentiments, paraît ne dire pas grand chose, pas de grandes phrases, pas de grandes paroles, à cause de mouvements et de gestes et de pas les masquant. Mais pourtant, il a beaucoup plus de choses à dire et à raconter à travers les mouvements, beaucoup à transmettre tout ce qu'il a de plus précieux à l'intérieur de lui. Danser, c'est l'extériorisation de soi.

# Posté le dimanche 06 septembre 2009 11:52

"La danse n'a plus rien à raconter : elle a beaucoup à dire."

"La danse n'a plus rien à raconter : elle a beaucoup à dire."
Puisque la danse à beaucoup à raconter, en effet, elle va le faire grâce à ce petit sonnet de Charles Beaudelaire en hommage à la beauté que j'ai pu trouver. Pour moi, c'est le plus beau.


"La Beauté" de Charles Beaudelaire.



Je suis belle, ô mortels, comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes devant mes grandes attitudes,
Qu'on dirait que j'emprunte aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;

Car j'ai pour fasciner ces dociles amants
De purs miroirs qui font les étoiles plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

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# Posté le dimanche 06 septembre 2009 12:25

" Dans la conversation comme dans la danse, chacun est le miroir de l'autre."

" Dans la conversation comme dans la danse, chacun est le miroir de l'autre."
La danse, c'est la vie de famille. Toutes les danseuses vivent ensemble, dansent ensemble, évoluent ensemble. L'école, c'est un cocon, un nid douillet pour chaque petite ballerine en tutu blanc. Et on se chamaille, on s'aime et on rigole comme des frères et des soeurs entre nous.
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# Posté le dimanche 06 septembre 2009 12:30

Modifié le dimanche 06 septembre 2009 12:42

"La vie est un ballet, on ne danse qu'une fois."

"La vie est un ballet, on ne danse qu'une fois."
Considère ceci : on dit que la vie est courte et qu'on ne vit qu'une fois. Dans la danse, c'est absolument la même chose. Même si on danse plusieurs ballets dans sa carrière sur scène ou dans la rue, on ne dansera qu'une seule fois et pas 36000 fois. Alors autant bien en profiter de ses qualités, avoir conscience de ses défauts pour pouvoir progresser et réussir pour s'élever.
J'ai voulu mettre cette tof d'Irina Kopalkova, étoile du Bolchoi dans les années 70, dans "Giselle". Elle me plaît beaucoup dans cette superbe arabesque bras couronne. N'est-elle pas mignonne?
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# Posté le dimanche 06 septembre 2009 12:47

"Considérez comme gaspillée une journée non dansée!"

"Considérez comme gaspillée une journée non dansée!"
Sa c'est la chose horrible que je déteste le plus dans la vie d'une danseuse. Restez une journée entière sans danser!!! HORREUR!!! Je sais pas ce que ca te fait, comment tu te sens quand tu ne danse pas pendant un jour. Surtout si t'es malade. Tu perds ta souplesse, tu oublies des exercices ou des chorés que t'avais appris les jours d'avant. Bref, tu bousille ta vie de danseur! Je hais faire craquer la danse. Quand je ne danse pas, je rage!!
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# Posté le dimanche 06 septembre 2009 12:57

Aux jeunes de la danse.

Aux jeunes de la danse.
Il ne m'est pas possible de le définir aujourd'hui : est-ce moi qui, au temps de ma jeunesse, ai "rencontré" la Danse, est-ce la Danse qui m'a rencontré?
Je ne sais pas, ou plutôt, je n'ai pas le souvenir que Terpsichore (Muse de la Danse) m'ait comblé en me gratifiant de son baiser dans le berceau, mais ma mère a toujours affirmé par la suite, que c'est bien elle, que c'est Terpsichore, qui m'avait béni en m'indiquant le choix de ce qui est devenu ma religion, en me montrant pour la vie, la voie de la recherche du beau et du poétique et du pouvoir du réel, de devenir irréel.
Le miracle se fit lorsque, âgé de quinze ans, je pénétrai dans le studio de Bronislava Nijinska, au théâtre de l'Opéra de Kiev. Je vis des jeunes filles s'exercer à la barre, traçant de leurs pieds délicats, sur le sol et dans l'espace, les "mots" mystérieux du langage abstrait de la danse, langage, pour moi, encore inaccessible.
C'est alors que j'ai cru au Prodige, mon coeur s'est embrasé d'une flamme nouvelle et mon âme et mon corps entonnèrent une mélodie, s'abandonnant au rythme qui m'envoûtait. Ce fut comme si je naissais une nouvelle fois, tel Tristan ayant bu le filtre de l'Amour.
Je regardais le professeur, c'était Bronislava Nijinska, la soeur du "Divin Vaslav" et reconnus en elle celle qui me ferait naître dans cet Art, et je l'ai, aussitôt, adorée, comme d'ailleurs toute sa très nombreuse "famille de danse."
Plus tard, de longs mois durant, ce fut mon sosie, mon reflet dans la glace, qui me dirigea et devant lequel je m'efforçais à vaincre la pesanteur dans les déplacements verticaux et latéraux, à me détacher de plus en plus du sol et j'essayais aussi à percer les secrets de la giration.
En observant ce reflet dans le miroir, je cherchais l'équilibre de mon corps, l'"en-dehors" de mes jambes, travaillais l'élasticité de mes genoux, au moyen de "pliés", profonds, lents et rapides, et ce double devenait alors mon premier rival.
A cette époque, on nous enseignait en utilisant une canne, comme pour les chevaux dans un cirque. Quand la canne ou l'archet ne corrigeait plus les erreurs de mes jambes, de mes bras, de mon dos ou de mes pieds, la leçon terminée, je croyais que le Maître ne m'aimais plus, qu'il m'abandonnait et un sentiment de jalousie naissait quelque part, au fond de moi-même.
Il m'a fallu des années et des années d'apprentissage, pour accéder enfin à la scène et pour connaître une joie nouvelle ; la joie de l'envol, la joie de l'entrechat, la joie des tours et des pirouettes, celle d'avoir maîtrisé ce langage de la danse et devenir ailé, atteindre à ce monde mystérieux d'où il est si exhaltant, par le mouvement, cette parole, ce langage, de communiquer avec le spectateur, pour lui conter l'ineffable et la beauté, et de rester moi-même, fidèle à la beauté.
Sur ce chemin, souvent les larmes vous attendent. Il vous faut les surmonter. Par un travail acharné. Par une foi immense en vous-mêmes."

Serge Lifar, maître de ballet au Ballet de l'Opéra de Paris (1929-1969).
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# Posté le dimanche 06 septembre 2009 13:02

Modifié le mardi 22 septembre 2009 03:13

"Regardez!" dit Degas.

"Regardez!" dit Degas.
Les bras tirés en arrière dégagent les épaules. Degas saisit la danseuse en un moment où les muscles se relâchent. Avant ou après l'effort?
Cette statue contredit l'imagerie romantique. Au lieu de l'idéale beauté d'un fantôme immortel, voici un visage de fille du faubourg. Le corps de cire e fendille au bras. Les éléments du vêtement ne permettent l'envol d'aucune illusion. Le corsage est de vraie toile, le tutu de vraie gaze et les chaussons de vrai satin. Les cheveux de crin achetés chez un fabricant de marionnettes sont attachés par un ruban de soie. L'oeuvre choque le goût d'alors ! Dans "La Civilisation", Elie de Mont écrit : "Votre petit rat tient plutôt du singe, de l'Aztèque, du nabot. Si elle était plus petite on serait tenté de l'enfermer dans un bocal d'alcool." Et pourtant, n'est-ce pas la première forme d'expression d'un art nouveau? En effet Braque et Picasso joueront bientôt avec de semblables collages.
Finis les sauts à décrocher les étoiles ! Degas regarde la danseuse de haut : en contre-plongée. Il l'attache au sol. Il détaille à plaisir le disgracieux des corps dans des positions inconvenantes : elles bâillent, elles se touchent l'oreille, rajustent un ruban à leur cou et quelquefois même se grattent le dos, comme des repasseuses.
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# Posté le dimanche 06 septembre 2009 14:24

Le foyer de l'Opéra de Paris au temps de Degas.

Le foyer de l'Opéra de Paris au temps de Degas.
Le foyer où Degas prit de nombreux croquis a été longtemps ouvert à une certaine catégorie du public : les abonnés. Un témoin des années 1830 raconte :
"Au milieu de la pièce, un groupe d'hommes habillés avec soin, le chapeau à la main, chuchotant, riant, semble attendre quelque chose. Ce sont les habitués. Qu'attendent-ils? L'arrivée des premiers sujets qui vont s'exercer avant le lever du rideau. On les voit venir une à une, descendre avec une grâce étudiée un petit escalier de quatre pas, marcher avec ce déhanchement qui n'appartient qu'aux danseuses..."
Mal payées, ces jeunes danseuses cherchaient là des protecteurs. Comment n'y pas voir une prostituée déguisée?
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# Posté le dimanche 06 septembre 2009 16:27

"La politesse l'est à l'esprit, ce que la grâce l'est au visage." de Voltaire.

"La politesse l'est à l'esprit, ce que la grâce l'est au visage." de Voltaire.
Cette tof est l'une de mes élues. Quand je l'ai découverte, c'était sur une carte postale que ma tatan m'a envoyée pour mes 22 ans. J'ai lu le proverbe, j'en suis tombée amoureuse et il est resté dans mon coeur.
Petit dicton clé, chéri, phare de monsieur Voltaire, un de nos papas philosophes du siècle des Lumières. C'est mon dicton dicton illustre qui reste indispensable pour rester digne durant tout le long de ma carrière de danseuse.
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# Posté le lundi 07 septembre 2009 02:53

"Elle s'est tellement hissée vers les cieux qu'elle s'est retrouvée sur les pointes." Téophile Gauthier sur Marie Taglioni.

"Elle s'est tellement hissée vers les cieux qu'elle s'est retrouvée sur les pointes." Téophile Gauthier sur Marie Taglioni.
Marie Taglioni dans l'acte I de "La Sylphide" en 1846. Ce magnifique portrait traduit bien le mouvement romantique dont la célèbre danseuse était l'incarnation. Dans le premier acte la sylphide apparaît à la fenêtre et contemple James avec adoration. La féminité et le charme mélancolique de sa pose évoque l'attrait qu'elle exerçait sur le public. Son costume témoigne de l'innovation majeure introduite par "La Sylphide" dans l'habillement de la ballerine : les jupes de mousseline blanche, légèrement ondoyantes, en forme de cloche, reflétaient la grâce et la légèreté qui devaient être si étroitement associées à la nouvelle image de la danseuse. La coupe de la jupe donnait de la liberté au mouvement ; le corsage qui prenait bien la taille et découvrait les épaules fut le précurseur de la mode du début de l'époque victorienne ; la couronne de fleurs dans les cheveux, le corsage fleuri, le collier et le bracelet de perles sont aussi caractéristiques des temps victoriens. "La Sylphide" inspira beaucoup de modes : les journaux firent de la pub pour des bonnets, les manteaux, les ombrelles et même les tissus "à la Sylphide". Pour permettre à la Sylphide qui se tient sur le rebord de la fenêtre de descendre sur scène, on eut recours à une petite plate-forme mobile posée contre les décors ; la Sylphide y monte sur pointes, et est menée doucement au niveau de la scène (les mises en scène d'aujourd'hui utilisent le même procédé. Elle semble toucher le sol comme par magie ; le génie de danseuse de Taglioni lui permettait de donner véritablement l'impression qu'elle glissait des airs vers la terre. Parfois elle fut appelée "l'esprit aérien".
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# Posté le lundi 07 septembre 2009 04:39